Sommes-nous conscients de notre inconscient ?

Bonjour à tous, je vous présente une nouvelle chronique de 10mn « Et si on en parlait ».

Allons à la découverte de notre inconscient : un étrange pays à visiter pour découvrir ses lois, ses coutumes, ses conditionnements…qui pourrait nous aider à devenir nous-mêmes.

Du désespoir à l’éveil de soi

Avez-vous ressenti un jour le total désespoir ? Une telle détresse intérieure au point que vous vouliez disparaître ?

Cela m’est arrivé à l’âge de 15 ans. Je vivais avec une douleur constante dans la poitrine, un poids dans mon ventre. Ma mère ne cessait de me reprocher mes manquements, je n’avais pas vraiment d’amies en classe, mon frère était violent avec moi et cherchait sans cesse les conflits. Je devais assumer les souffrances de ma mère, sa dépression quotidienne. Je me sentais impuissante à la soulager, je me sentais impuissante à soulager mes propres peurs, mes doutes sur moi-même, sur mes capacités, sur mes difficultés à créer du lien avec les autres.

Je prenais tout à cœur et surtout mon impuissance. Je me sentais constamment coupable de tout et de rien. Je me sentais comme une petite vieille au fond de moi, rabougrie et aussi comme une petite fille apeurée par tant de responsabilités car je devais assumer les contraintes d’une maison (ménage, repas, jardin…), ma mère déclinait en santé de jour en jour. J’étais comme David devant Goliath, convaincue que je n’aurai jamais la force de supporter la pression psychologique que m’imposait mes proches et cette solitude.

J’ai avalé un tube de somnifère d’une traite en me disant « c’est fini, j’ai le courage de mourir.  » Une paix s’est installée en moi. Ma mère a eu beau hurlé, tenté de me faire recracher. J’étais en paix, je pouvais partir, tant pis, et je me suis sentie partir dans un sommeil profond…

Au réveil, un médecin était près de moi. J’étais déçue mais calme. J’ai dormi pendant trois jours, je sentais que l’on me réveillait de temps à autre, mais je retombais dans un sommeil bienfaisant. Peu à peu j’ai émergé. J’ai repris mon fardeau comme si rien n’était. Personne n’a reparlé de mon geste, personne n’a donné l’alerte, tout est resté en silence. La vie a continué…

Pourquoi suis-je sur cette terre ? Pourquoi suis-je si vulnérable ? Pourquoi vivre ?

Il y a t-il une seule et bonne raison d’être sur cette planète ?

J’ai compris tout au long de mon parcours que la Vie met sur ton chemin des personnes inspirantes, des lumières. Elles t’aident à voir ce que tu ne vois pas encore en toi : ta valeur unique, ton potentiel. Elles t’accompagnent à te réconcilier et faire la paix avec toi-même et à reprendre les rênes de ta vie, à t’éveiller pour aller à la rencontre de toi-même.

A ton tour deviens une personne inspirante et redonne à d’autre l’Amour que tu as reçu ! 

 

Apologie de la douceur

Article tiré de : http://www.atelier-du-corps.com/page.php?id=25_Apologie_de_la_douceur

La douceur est une vertu puissante d’amour et de guérison, qui réconcilie toujours les opposés et crée un lien intérieur inoubliable dans la mémoire de celui qui a été touché. L’image de la douceur, ancestrale, serait semblable à la caresse d’une plume d’Ange.

 

La douceur est aussi la vertu du guerrier qui saura agir avec force mais sans brutalité. La Bhagavad Gita nous définit l’homme pur par ces qualificatifs :

 

« Absence de peur, tempérament pur, fermeté dans le Yoga de la connaissance, bienfaisance, maîtrise de soi, sacrifice, étude des Ecritures, ascèse, candeur et droiture, non-violence, sincérité, absence de courroux, abnégation, calme, absence de critique, compassion pour tous les êtres, absence de convoitise, douceur, modestie, absence d’agitation, énergie, miséricorde, patience, propreté, absence d’envie et d’orgueil, – telle est, ô Bharata, la richesse de l’homme né en la nature dévique…

 

L’adoration du divin, la propreté, la rectitude morale, la pureté sexuelle, l’absence de meurtre et de violence à l’égard d’autrui – telle est l’ascèse du corps.
Un langage qui ne cause point de trouble à autrui, vrai, bienveillant et bienfaisant, l’étude de l’Ecriture – telle est l’ascèse de la parole.
Une joie claire et calme du mental, la douceur, le silence, la maîtrise de soi, l’entière purification du tempérament – telle est l’ascèse du mental ».

 

L’ascèse sur les 3 plans corporel, verbal, et mental se décline pour le guerrier en douceur qui se conjugue avec silence, patience, absence de violence, maîtrise de soi. Parmi les vertus essentielles que cite Khrisna comme gage de l’homme pur, la douceur liée à la modestie prend toute sa place.

 

Chögyam Trungpa nous enseigne : « La douceur provient de l’expérience du non doute, de l’absence du doute. Ne pas avoir de doute signifie faire confiance à son cœur, avoir foi en soi même. Etre libre de doute veut dire qu’on établit un contact avec soi-même, qu’on a fait l’expérience de la synchronisation de l’esprit et du corps. Lorsque l’esprit et le corps sont synchronisé, on n’a pas de doute ».

La culpabilité du survivant

Article tiré de  :http://www.huffingtonpost.fr/2015/11/18/rescapes-attentats-culpabilite-survivant_n_8582230.html

ATTENTATS – Ils ont vécu les attentats du 13 novembre et en sont sortis, blessés ou indemnes. Ils ont vu les corps tomber et le regard des assaillants, ils ont entendu les tirs des Kalachnikov, ils ont senti l’odeur de la poudre.

Mais pour ces « miraculés », après l’horreur de l’instant vécu viendra ensuite le stress post-traumatique et, pour certains, le « syndrome du survivant » ou, en d’autres termes, la culpabilité que les rescapés peuvent ressentir à l’idée que les autres, eux, n’ont pas eu cette chance.

« Pourquoi pas nous? »

« Sommes-nous des miraculés ou juste sommes-nous passés au travers de ces épreuves avec le timing parfait ? Impossible de savoir. Pourquoi pas nous? », s’interroge Benoît dans un récit livré sur Slate. Il était au concert des Eagles of Death Metal et a réussi à se réfugier avec son frère dans un appartement au-dessus du Bataclan.

Lui aussi rescapé du Bataclan, Pierre se pose les mêmes questions: « Pourquoi je ne suis pas mort, et les autres ne sont pas vivants? Pourquoi je n’ai pas aidé les gens? (…) Pourquoi cette femme enceinte a été piétinée? Pourquoi ces gamins ont reçu une balle, alors que ce n’était même pas le début de leur vie, alors qu’ils étaient juste en train de commencer à kiffer des choses que l’on adore tous… On se dit qu’on n’a pas le droit de vivre à leur place. »

Le lendemain des attentats, Eva, qui a réussi à s’enfuir de la salle de concert par son entrée principale, s’est rendue dans une cellule psychologique pour agir contre cette « culpabilité qui l’habite de n’avoir rien pu faire pour les autres ».

Sentiment d’avoir une « dette par rapport à la vie »

Le « syndrome du survivant », explique la psychologue Florence Bataille à 20 Minutes, c’est « ce sentiment de ne pas se sentir victime parce qu’on est vivant. Il y a une forme de culpabilité. Ils considèrent qu’ils doivent aider les autres ».

Pour Jean-Michel Coq, maître de conférence en psychologie clinique à l’Université de Rouen, contacté par Le Figaro Madame, pour ces rescapés, « c’est un peu comme s’ils avaient une dette par rapport à la vie ». « Avoir été sous des cadavres pour sauver sa vie est horrible, les images leur reviennent au cours de leur journée de travail, la nuit sous forme de cauchemar », ajoute-t-il.

Interrogée par Psychologies après les attentats de Charlie Hebdo, la docteure en psychopathologie et psychothérapeute Hélène Romano détaillait ce que cette culpabilité du survivant pouvait engendrer chez les victimes. Ces troubles, explique-t-elle, sont, le plus souvent (mais impossible de généraliser:): « des reviviscences, des cauchemars, des angoisses, des peurs inexpliquées, de l’anxiété à chaque bruit qui peut évoquer le souvenir du drame ». Mais il se traduit aussi par des « ressassements, des ruminations: se dire que l’on aurait du mourir à la place de l’autre, ou avec l’autre. À cela, s’ajoute généralement une asthénie, c’est-à-dire une perte d’élan vital : on ne se sent plus légitime à vivre, plus légitime à être là, on ne parvient plus à se projeter dans des choses positives parce que l’on se sent coupable de vivre ».

Pour qu’ils puissent tourner la page, éviter le stress qui peut s’installer pendant plusieurs années dans bon nombre de cas, ces personnes doivent être suivies.

C’est pourquoi des cellules psychologiques ont été mises en place dans la foulée des attentats. Celles-ci permettent, entre autres, d’aider les rescapés à comprendre et accepter les pensées qui traversent leur esprit.

Notamment, comme l’explique Florence Bataille, ils doivent assimiler qu’ils sont des victimes même s’ils sont en vie: « Ce n’est pas parce que vous n’êtes pas blessés physiquement que vous n’avez rien. On soigne plus facilement un bras cassé que les conséquences psychologiques d’un attentat dont on a réchappé ».

Sans avoir été directement un « survivant », c’est-à-dire sur les lieux de l’attentat, au Bataclan, au stade ou à la terrasse d’un café, d’autres personnes peuvent ressentir cette culpabilité, comme le précise Hélène Romano. Peuvent être ainsi touchées par ce syndrome les personnes « qui auraient dû être là et qui n’y étaient pas. Ce peut être aussi quelqu’un qui passait par là quelques minutes avant ou quelqu’un qui se dit qu’il aurait pu être à la place des victimes, parce qu’il se reconnaît en elle, comme cible par exemple. »

Certains s’en sortiront en retrouvant « une position active », souligne Jean-Michel Coq, en reprenant « le contrôle de sa vie » ou encore « en témoignant à l’écrit ou à l’oral ». Mais il prévient: « certains ne réussiront pas ».

La culpabilité d’exister

article tiré de : http://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Estime-de-soi/Articles-et-Dossiers/Comment-se-deculpabiliser/Coupables-certes-Mais-de-quoi/4

Difficile de cerner ce sentiment qui dépend de notre personnalité, de notre histoire, de nos valeurs… Il peut même nous torturer intérieurement à notre insu !

 » Ce matin, je ne comprends pas pourquoi, j’ai mauvaise conscience, je me sens en trop, pas à ma place. Pourtant, je n’ai rien fait de mal.  » Pour les psychanalystes, ce mal-être que tout le monde a pu expérimenter un jour ou l’autre renvoie à un affect archaïque : la culpabilité d’exister, présente en nous dès la naissance. Naître, c’est se placer sous la coupe de la pulsion de mort, de l’autodestruction. Par conséquence, vivre revient à désobéir à l’appel du néant. En ce sens, c’est une forme de transgression. Tout être humain, de façon plus ou moins aiguë, se sent coupable d’exister. Mais plus un enfant aura été désiré par ses parents, moins le fait d’exister sera pour lui synonyme de faute.

En général, cette culpabilité-là s’exprime à bas bruit. Pourtant, en certaines circonstances, elle jaillit avec fracas. C’est le cas pour le survivant d’un accident, d’un attentat, d’un massacre, qui a vu les autres périr et s’en sort indemne ou  » seulement  » blessé. Il s’en veut d’être encore en vie –  » Pourquoi ai-je été épargné ? Pourquoi n’ai-je pas péri moi aussi ?  » –, comme si survivre était le plus grand des péchés.

Le besoin de punition

 » Je ne comprends pas pourquoi le sort s’acharne sur moi, pourquoi j’ai si peu de chance. Ma vie – ou ce moment de ma vie – n’est qu’une série d’échecs. Mes partenaires amoureux me trahissent, mes “amis” me lâchent régulièrement, tous mes projets capotent !  »
Cette situation se nomme la  » névrose d’échec « , une des manifestations les plus ordinaires de la culpabilité inconsciente. Découverte par Freud, elle est un reliquat du complexe d’Œdipe. Nos désirs interdits pour le parent du sexe opposé au nôtre et nos sentiments hostiles pour le parent du même sexe ont été refoulés, mais ils n’en continuent pas moins de subsister en silence. Et, chez certains individus – pour des raisons liées à leur histoire et à la sévérité de leur surmoi –, ils deviennent source de culpabilité intense.

Les autres formes d’expression courantes de la culpabilité inconsciente sont la dépression, l’angoisse – un état anxieux chronique ou des crises d’angoisse survenant, comme dans le cas de Sonia, quand un acte particulier et anodin est associé dans l’inconscient à l’idée de faute – et, surtout, le besoin de punition.
« Mon fils ne fait que des bêtises et il ne travaille pas en classe. » Variante : « Mon enfant tombe sans cesse malade et il a tendance à se faire mal plus souvent que ses copains. C’est comme s’il recherchait les coups », s’étonne une mère. A tout âge, la culpabilité inconsciente pousse, malgré soi, à rechercher la punition sous toutes ses formes : de la gifle à la maladie en passant par la jambe cassée.

Trop envahissante, elle mène parfois aussi à la délinquance. Elle est à l’origine de bien des crimes effectués sans mobile apparent. A son insu, l’individu agit pour que des mots soient mis sur un malaise intérieur indéfinissable, pour être officiellement déclaré coupable et puni par la loi.

La culpabilité pathologique

Les psychanalystes s’accordent pour situer la culpabilité entre le normal et le pathologique, sans qu’il soit possible de véritablement trancher.
Sauf quand elle prend des dimensions démesurées, ou dans le cas d’une névrose obsessionnelle, lorsque la personne se sent perpétuellement coupable : « J’ai sans cesse l’impression d’être en faute, même quand je n’ai rien fait. En plus, j’ai très souvent la sensation d’avoir lésé des gens à qui, objectivement, je n’ai causé aucun tort. J’ai peur de perdre le contrôle, ne serait-ce que cinq minutes: et si, pendant ce temps, j’allais agresser ou insulter quelqu’un, ou dire d’affreuses obscénités ? Rationnellement, je pense que ça n’arrivera pas, mais je ne peux m’empêcher d’avoir ce genre d’idées. »

Plus grave encore, la psychose mélancolique, qui nécessite un véritable traitement psychiatrique : le mélancolique vit en effet dans un authentique délire. Il s’imagine être responsable de tous les malheurs de l’humanité, de tous les conflits meurtriers, bref, de tout ce qui se passe mal dans le monde. Il est donc intimement convaincu d’être indigne de vivre. Dans certains cas, cette pathologie peut mener au suicide. On le voit, les visages de la culpabilité sont pluriels, et souvent difficilement reconnaissables. Un phénomène récurrent toutefois : la culpabilité fait souffrir.

Pourtant, bien qu’on tende à l’oublier, elle peut être également une stratégie pour éviter d’avoir à assumer le poids de ses actes.  » Je suis coupable, je suis un grand pécheur, regardez comme je me punis, regardez comme je souffre…  » Se présenter ainsi à la face du monde, en se fustigeant, en attendant le pardon, l’absolution, est bien souvent une solution de facilité pour se déresponsabiliser vis-à-vis de soi-même, de ses désirs. C’est une façon de dire :  » Ne me reprochez rien, car c’est moi, et moi seul, qui fixe le prix de mes fautes.  » Et, par là même, de réduire autrui au silence.

A voir également un article que j’ai écrit : https://aufildesmotsjesuislecreateur.wordpress.com/2016/03/31/cest-de-ta-faute/