Pourquoi l’éducation peut ressembler à du conditionnement ?

Voici un article que j’ose écrire, qui va certainement faire grincer les dents de certains parents. Je ne suis pas là pour juger, ni condamner mais surtout pour dévoiler des erreurs que nous commettons tous à un moment ou à un autre.

J’ai été maman et j’ai appris de mes erreurs. J’avais été éduquée sévèrement et je reproduisais ce même schéma sur ma fille aînée. Je ne savais pas que moi-même, j’avais été conditionnée par ce type d’éducation basée sur la peur et j’allais le répéter en partie sur elle car je n’en connaissais pas d’autre.

Nous voulons tous que nos enfants soient sages afin qu’ils ne nous fassent pas honte lorsqu’ils sont chez des amis ou à l’extérieur. Nous mettons alors on met en place une forme de programmation pour que nos enfants réagissent comme on « veut » qu’ils réagissent…

Parfois inconsciemment, nous les prenons comme  « nos faire-valoir », nos trophées pour que notre estime de soi soit meilleur, mais nos enfants ne sont pas là pour notre égo en souffrance ou en mal de reconnaissance.

Nous avons été « domestiqués ou dressés » à penser comme nos parents, à agir comme la famille ou la communauté sous peine d’exclusion, de rejet, par loyauté inconsciente, nous nous y sommes soumis même si cela ne nous correspondait pas.

Nous-mêmes, nous nous sommes pliés aux règles familiales en considérant que nos parents avaient de toute façon raison et qu’ils étaient plus forts, plus intelligents car ils ont la plupart du temps utilisé la peur (menaces, chantage, paroles dévalorisantes…) ou la carotte (récompenses, promesses parfois non tenues….)

Les conséquences : pas de confiance, mauvaise estime de soi, auto-destruction, auto-sabotage, violence et agressivité envers soi et les autres, confusion dans ses croyances, a des difficultés à faire ses propres choix, difficultés à se concentrer, dépendance affective, peurs, anxiété, angoisse, phobies…

Eduquer vient du mot « ducére » : guider hors de, faire progresser, conduire hors de, la nouvelle éducation bienveillante permet de conduire nos enfants vers des chemins extérieurs aux nôtres, de les faire progresser à prendre conscience de leurs émotions et apprendre à les gérer, à motiver leur empathie naturelle, à inciter a collaboration entre eux, et enfin à développer leur créativité.

Alors comment agir avec bienveillance et sans conditionner nos enfants ?

  1. Je prends soin de considérer les spécificités propres à mon enfant
  2. Je distingue ce qui appartient à mon histoire personnel, je ne le lui fais pas payer mon passé
  3. Je choisi mes mots avec précaution pour ne pas le blesser intentionnellement
  4. Je renonce à une éducation basée sur la peur, le chantage affectif…
  5. Je pose un cadre de protection que je lui explique avec calme et fermeté
  6. Je propose plusieurs choix selon sa maturité
  7. Je le laisse réfléchir et je ne prends pas la décision à sa place
  8. Je le laisse faire ses expériences même si elles me paraissent contraire à ma vision sans le juger et en assumer la responsabilité des conséquences.
  9. Je continue à l’encourager même si il s’est trompé ou a agi sous l’impulsivité
  10. Je l’encourage à exprimer ses émotions sans moquerie ou jugement
  11. Je lui exprime mon affection sans attendre de retour de sa part
  12. Je sais lui dire ce qui me blesse et j’exprime mes besoins
  13. Je cesse de le culpabiliser et j’assume de ne pas être toujours à la hauteur

Avec douceur et bienveillance,   Sabine-Hoa

ODE, objet à décharge émotionnelle

Kezako ? Encore un nouveau terme psy ?

Un ODE, Objet à Décharge Emotionnelle, c’est un objet qui permet à l’enfant de décharger toutes ses tensions accumulées dans son corps suite à des frustrations successives, par exemple, le petit copain qui n’a pas voulu prêter son jouet ou qui refuse de jouer avec lui. L’enfant a un seuil très bas de tolérance, ses nerfs sont mis à rude  épreuve car il n’a pas la maturité émotionnelle requise pour prendre de la distance. Il veut tout tout de suite ! Et s’il ne l’a pas, il peut se mettre dans une rage instantanée ! Beaucoup de parents ne comprennent pas ses réactions qu’ils cataloguent de caprices. Ils ne comprennent pas que la frustration génère chez l’enfant une douleur corporelle en lui assez forte. A ses yeux, il est en danger s’il n’a pas ce qu’il veut. Son discernement entre besoin et désir n’existe quasiment pas chez lui. Il désire donc il a besoin comme si sa vie en dépendait. Il fonctionne avec son cerveau archaïque et limbique. Son néo-cortex maturera avec le temps et étant accompagné par les adultes qui vont l’aider à réajuster ses émotions.

En travaillant dans les crèches, les directrices m’ont demandé des conseils pour palier aux morsures, griffures, arrachage de cheveux…Je leur ai proposé un ODE personnalisé. Chaque enfant avec l’aide d’un adulte construit son propre ODE. On lui explique son utilité et l’enfant met autour de cet objet des rubans de tissus ou autres. Cela fonctionne vraiment bien si les parents et professionnels de la petite enfance collaborent ensemble avec la participation de l’enfant. Une petite fille de deux ans allait mordre un jeune bambin suite à une dispute, des cris ont surgi et la directrice a offert immédiatement à l’enfant son ODE, qui l’a attrapé et mordu avidement. Cet ODE était un grand anneau de dentition paré de plusieurs morceaux de tissus multicolores. Le niveau du taux de morsures a vraiment diminué suite à cette action mise en place.

Un ODE peut être aussi une poupée en chiffon qu’enfant peut taper ou tirer les cheveux. Il peut évoluer selon l’âge de l’enfant. Cela peut être aussi un coussin pour déverser toute sa colère ou tristesse. A chacun d’y mettre sa créativité, d’observer l’enfant et de l’accompagner à choisir son ODE.

Il y a une différence entre doudou et ODE, même si les deux ont la même fonction. Le doudou est réservé exclusivement à sécuriser l’enfant, c’est son repère de sécurisation et de réconfort. L’ODE lui donne toute légitimité à décharger des émotions de type agressives. Autrefois un enfant qui criait, qui tapait ou qui mordait, on le battait pour qu’il arrête et qu’il se calme. Parfois on le mordait pour qu’il comprenne le mal qu’il avait fait. Cette solution est erronée car elle ne fait que renforcer sa frustration et son agressivité. On lui signifie par cette attitude que ses émotions sont interdites et de plus est, on l’identifie à une personne méchante et violente. L’enfant fonctionne en mode Bien/ Méchant. Donc il va s’identifier à cette projection parentale ou de l’éducateur et donc son estime de soi sera au plus bas ainsi que sa confiance en lui-même.

Dans la Communication Consciente et Bienveillante, l’enfant se réjouira de pouvoir exprimer ses émotions en toute légitimité et d’utiliser son ODE comme un objet sur lequel il peut décharger toutes ses émotions. Il respectera ainsi son entourage et il se sentira respecté dans l’expression de sa colère. De plus si on l’encourage à accueillir ses émotions dites « négatives » avec bienveillance et douceur, il se sentira de nouveau en sécurité. Peu à peu son sentiment de frustration, d’impuissance diminuera, pour disparaître complètement.

Si cet article vous a sensibilisé partagez-le, contactez-moi si vous désirez un renseignement complémentaire.

Avec bienveillance et douceur

Sabine-Hoa

Prévenir le burn-out chez les professionnel(le) de la petite enfance

Lorsqu’on travaille avec le monde des enfants, nous sommes souvent sollicités et nos nerfs sont mis à rude épreuves. En crèche, lorsque j’arrive pour observer les professionnelles, elles s’activent toutes pour répondre aux besoins des petits. Elles n’ont pas un instant pour souffler. L’un pleure car il a sommeil, l’autre crie pour obtenir de l’attention de celle-ci, un autre se dispute un jouet, tel autre a faim, bref parfois c’est une vraie cacophonie. Le taux sonore est élevé et la professionnelle emmagasine en elle chaque jour ce stress sonore. De ce stress se rajoute une vigilance de tous les instants pour prévenir d’une chute, d’une morsure, ou tout autre initiative malheureuse du bambin qui lui expérimente sans se poser une seule question sur sa sécurité.

L’enfant vit le moment présent comme une éternité. L’espace et les personnes qui le composent lui appartiennent, il ne fait qu’un avec eux. Tout est à ses yeux est là pour satisfaire ses besoins d’expérimentation et de bien-être. Il ne se rend pas compte de la fatigue accumulée tout au long de la journée chez la professionnelle ou de l’éducateur. Il est insatiable de sa qualité d’écoute et de présence. Ces professionnels risquent de rentrer dans le processus du burn-out s’ils ne se rendent pas compte de leur besoin de se ressourcer.

Le burn-out est un état d’épuisement total du système nerveux et physique de la personne. Elle a grillé toutes « ces cartouches » et n’a plus aucune énergie en elle. Son corps la lâche et son moral aussi. La dépression suit car la personne rumine ses échecs et ses incapacités. C’est une spirale descendante qu’il est préférable d’éviter. Seul un repos absolu et une hygiène alimentaire adaptée peuvent l’aider à remonter la pente douloureuse du burn-out.

Comment se ressourcer même si le cadre professionnel demande une constante vigilance et une rapidité de réponse ?

  • Prendre le temps de bien respirer profondément entre chaque acte posé
  • Se féliciter et s’encourager soi-même de temps à autre
  • Se poser certaines questions :

– Quel besoin (de reconnaissance, de repos, de se concentrer sur un seul acte, de calme …) n’est pas ou n’a pas été satisfait si je me sens morose ou énervé(e) ?

– Quelles sont les ressentis physiques et émotionnels dans mon corps ?

– Comment puis-je répondre à mon besoin immédiatement  ou plus tard ?

– Quelles sont les pensées que je génèrent sur moi et sur mon entourage quand je me sens dépassé(e), énervé(e) ?

– Est-ce de la critique ou des plaintes ?

– Quelles sont les activités créatives ou loisirs que j’ai en dehors de mon travail ?

  • Chercher une solution dans une vibration de bienveillance et de gratitude car si je renforce ma colère ou mon découragement par des reproches ou des critiques contre moi ou contre les autres, je ne fais qu’empirer mon mal-être et je renforce l’idée que je ne suis pas à la hauteur.

Il serait bon pour tous les professionnels reliés au cadre éducatif des enfants de posséder un carnet d’auto-empathie journalier. Chaque jour le professionnel se poserait les questions citées ci-dessus. Il écrirait 5 phrases d’encouragement, de reconnaissance. Il se parlerait de sa colère, de ses sentiments d’impuissance, d’injustice ou autre, il les déchargerait en frappant un matelas, crierait dans sa voiture ou trouverait un objet de décharge émotionnel pour exprimer toute sa rage.

Je conseille de noter chaque jour, les émotions qui perdurent et les pensées associées, de découvrir les besoins non satisfaits reliés à ceux-ci et d’y répondre avec attention et délicatesse. Par exemple pour un besoin de calme et de se retrouver aprèsle tumulte de la journée, vous pouvez trouver un endroit dans votre maison où vous rester seul(e) pendant un certain temps pour respirer calmement et/ou visualiser des beaux paysages ou des belles scènes, et/ou écouter une musique douce qui vous font vibrer.

Si chaque jour, vous êtes attentif à vos besoins et vous réussissez à les satisfaire à 70% alors vous éviterez tout burn-out, tout épuisement professionnel. Utilisez la Communication Consciente et Bienveillante envers vous-même le plus souvent possible, venez vous former si vous désirez à cet outil puissant dans votre quotidien.

Avec bienveillance et douceur

Sabine-Hoa

Comment le jeune enfant voit le monde des adultes

Dernièrement j’ai écrit un article sur le regard de l’adulte posé sur l’enfant et toutes les projections qu’il y pose dessus consciemment ou pas. Aujourd’hui, je vais développer quel regard l’enfant pose sur les adultes. Pour qu’une communication soit efficace et aisée il est nécessaire de connaître le monde de l’Autre. L’empathie recommande vraiment cette attitude ouverte.

Les enfants évoluent à chaque âge. Leur regard évolue également. C’est seulement lorsqu’ils ont atteint une certaine maturité affective, un niveau de connaissance suffisamment élevé d’eux-mêmes que leur regard se stabilise et que leurs croyances deviennent des convictions et des actes. Selon le regard qu’ils ont reçu pendant l’élaboration de leur maturité, ils développeront soit des carences affectives, une estime de soi et confiance en soi basse soit bien au contraire ils seront des adultes autonomes et authentiques qui n’auront pas besoin de défendre une image d’eux-mêmes.

Le tout jeune nourrisson regarde sa mère comme son propre moi. Il ne distingue pas la différence, ni les frontières qui les séparent. Elle et lui sont UN, une union indicible et inséparable. Il est dans le fantasme de la fusion. Son regard est exclusif, il ne veut qu’une seule personne, sa mère, celle qui lui a donné la Vie, celle dont il est totalement dépendant; celle qui le nourrit et prend soin de ses besoins affectifs et physiologiques. Les Autres ne l’intéressent pas que par moment. Il peut ressentir de l’empathie envers un autre bébé qui pleure et pleurer aussi mais ça s’arrête là.

C’est pourquoi, la séparation d’avec la mère quand il doit aller en crèche ou en nounou pour X raisons (travail, maladie, divorce…) peut être difficile et douloureux. Il ressent un mal-être intérieur car son environnement a changé. Lui qui était au centre de l’univers va devenir un nourrisson parmi d’autres. Le choc peut être vécu plus ou moins mal selon son niveau de sécurité acquis et du niveau de projections de sa mère. Sa mère est-elle confiante envers les professionnels ? Est-elle prête elle-même de se séparer de son enfant ? Lui fait-elle suffisamment confiance dans sa capacité à se séparer d’elle ? L’a t-elle  prévenu de ce changement ? … C’est pourquoi il est nécessaire que la professionnelle soit attentive aux questions de la maman et y réponde en la sécurisant. Ce moment d’adaptation se fait avec la collaboration de ses parents.

Puis en grandissant, son regard se tourne vers les siens. Il va chercher le regard de reconnaissance de l’adulte, le regard d’encouragement. Il craint le regard désapprobateur de celui-ci, tout de suite, il peut se sentir rejeté. Par exemple deux enfants se disputent un jouet, ils vont regarder l’adulte pour qu’il appuie sa demande. Si le professionnel choisit l’un des deux protagonistes et donne la poupée à l’autre, il peut se jeter au sol et hurler son désespoir de ne pas avoir été choisi. Que se passe t-il en lui ? Il souffre de la blessure du rejet avec une carence de son besoin de reconnaissance. Que faire ? Ne pas donner l’objet ni à l’un ni à l’autre. Offrir une explication tranquillement et surtout considérer les besoins de chacun, les exprimer et leur proposer à chacun un câlin de compensation. 

En principe l’enfant comprend qu’il a été entendu dans son besoin de reconnaissance et d’affection et il se calme. Il a besoin d’être rassuré qu’il est « une personne que l’on voit et entend ». Par exemple lui dire : « je te vois, j’ai entendu ton besoin de jouer avec cette poupée, je vois que tu es en colère car tu préfères jouer seul(e), j’accepte ta colère, je l’accueille sans la juger,  tu vois aussi cet enfant, elle aussi elle a le même besoin que toi, comment faire alors ? Je vous propose de venir sur le tapis des émotions et d’exprimer toutes vos émotions, de vous faire un gros câlin pour sécher les larmes et ensuite, on va essayer de trouver un jeu où vous pouvez jouer ensemble ou seul(e) ». Offrir un choix, c’est de stimuler son libre-arbitre tout en respectant le libre-arbitre de l’autre enfant. La professionnelle entraîne les 2 enfants dans l’espace des émotions, ils peuvent exprimer leur colère ou tristesse sur un objet à décharge émotionnelle. Puis elle les amène à se réconcilier s’ils sont d’accord et à trouver un autre jeu.

La communication consciente et bienveillante mise en place dans ce type de situation est bénéfique car elle permet de résoudre les conflits dans la paix et surtout sur un long terme. Chez l’enfant l’apprentissage de la frustration demande la patience et de l’écoute. Il pourra améliorer son niveau de tolérance à celle-ci s’il se sent entendu et accepté malgré ses cris ou ses pleurs.

L’enfant va construire sa valeur de lui-même en fonction de son observation sur l’adulte et de son comportement. C’est un buvard à émotions et il a besoin d’aide pour trier ce qui est bon pour lui et ce qui est à évacuer. De 0 à 5 ans, l’enfant considère la toute-puissance de l’adulte sur lui. Il attend tout de lui.Il se sait vulnérable, fragile et impuissant. Son regard sera principalement axé sur une demande de sécurisation, de reconnaissance et d’affection.

Avec bienveillance et douceur

Sabine-Hoa

 

Comment l’adulte voit l’enfant

Les adultes peuvent voir l’enfant comme un modèle réduit d’eux-même. Certains ont simplement oublié qui ils ont été. Nous avons parfois la mémoire courte. Nous avons été tellement modelés par des systèmes sociaux-éducatifs, spirituels, politiques, par la culture de masse… que nous projetons sur l’Autre nos conditionnements sans vraiment en prendre conscience. Nous voulons transmettre à tout prix ces modèles en pensant qu’un enfant est un moule dans lequel on peut couler nos croyances, nos habitudes, nos comportements sans penser à un seul moment à son libre-arbitre. Un merveilleux cadeau offert par la vie. Nous-même nous désirons que l’on nous respecte dans notre libre-choix et pourtant nous n’avons parfois pas la même conception envers l’enfant. Soyons attentifs aux projections égotiques ou dus aux conditionnements que nous avons reçus.

Nous sommes également influencés par notre vécu personnel mais aussi par nos mémoires transgénérationnelles et d’autres mémoires venant d’un autre âge (vies antérieures). Celles-ci nous collent à la peau d’une manière inconsciente. Ce sont elles qui parfois nous mènent vers une destinée « non désirée » car nous sommes dans une loyauté inconsciente de ces messages venant de ces mémoires. Quels sont les messages de ce type de mémoires ? Cela peut-être un engagement à s’auto-punir car lors d’un passage sur terre, notre âme a vécu une expérience qu’elle n’a pas su assumer en pleine responsabilité, qu’elle a refusé d’assumer en conscience par crainte d’être rejetée, de souffrir ou de mourir. Si cela vient de nos aïeuls, c’est le même processus, c’est-à-dire, certains d’entre eux ont posé un geste contre eux-mêmes ou contre une autre personne et par la suite, c’est la descendance qui en hérite, et qui tentera soit de le perpétuer par loyauté soit d’être en opposition et donc s’affligera inconsciemment alors une auto-sanction pour se punir de ce geste posé par son ascendant. Une personne commet un acte délibéré nocif pour obtenir un avantage. Au fond d’elle, elle sait que ce n’est pas bien mais le désir est trop fort, comme chez les enfants. Après coup elle se culpabilise et si son égo est trop préoccupé à garder une image parfaite d’elle alors elle va refouler la voix de sa conscience et elle va créer en elle une coupure dans son âme. Plus elle va vouloir taire sa culpabilité, plus celle-ci va se manifester par des auto-sabotages qui vont se perpétuer d’âge en âge. C’est pourquoi, il y a des familles qui connaissent de génération en génération des mêmes phénomènes qui a leurs yeux restent inexpliqués. Pourtant en observant les synchronicités, on peut en conclure qu’il n’y a pas de hasard mais une explication originelle d’un acte non assumé en pleine responsabilité.

Revenons au regard que nous pouvons porter sur l’enfant, nous projetons en fait sur lui d’une manière inconsciente nos blessures inscrites dans notre âme. Nous pouvons vouloir lui faire revivre inconsciemment des événements que nous avons vécus, comme si au travers lui, nous allions résoudre ce que nous avions pas pu exprimer à ce moment. Ma mère a voulu à travers moi revivre une époque de sa vie. Elle m’a manipulée pour que j’accepte inconsciemment son jeu de mémoires. N’ayant aucune prise de conscience des enjeux qui se tramaient à mon encontre, j’ai fait ce qu’elle voulait. Ainsi elle a réussi à revisiter une partie d’elle au travers de moi. Cependant elle a vécu une double peine, c’est qu’elle a réussi pour la première partie de son scénario mais comme je n’étais pas tout-à fait « elle », je me suis rebellée et elle a perdu le bénéfice qu’elle escomptait avoir.

Je prends vraiment conscience que cet enfant devant moi est porteur lui aussi de mémoires et qu’elles peuvent être en interconnections avec les miennes. C’est pourquoi, je m’adresse aux professionnels reliés aux enfants d’être attentifs à ce paramètre. Non seulement nous pouvons avoir des projections purement égotiques sur l’enfant (il doit réussir là où je n’ai pas réussi ou au contraire réussir comme moi) mais aussi avoir des connections mnésiques transpersonnelles. L’enfant n’a pas à recevoir de notre part ce qui lui ne lui appartient pas. Son être est venu sur terre pour vivre sa propre évolution. Aidons-le au contraire à résoudre en lui ses conflits de loyautés de toute sorte. Prenons notre entière responsabilité pour régler nos propres conflits transgénérationnels ou autres.

L’enfant est celui qui est devant nous et c’est son énergie, son élan vital qui nous permet de progresser. Nous n’avons pas à le retenir par notre inconscience. Au travers de lui, c’est l’Univers qui nous amène à prendre conscience de son libre-arbitre. Posons sur lui un regard authentique, détaché de toute attente et de toutes projections induites par notre égo.

Avec bienveillance et douceur

Sabine-Hoa

Le miroir de l’enfant à notre enfant intérieur

Nous avons tous au fond de nous un enfant intérieur qui a été plus ou moins blessé par les aléas de la vie. Non seulement il a gardé des empreintes de cette vie présente mais également il a hérité du poids de l’héritage transgénérationnel de ses aïeuls et celui de ses vies antérieures. Lorsque nous voyons un enfant, nous pensons qu’il est vierge de toute souffrance, de toutes mémoires, nous nous trompons lourdement, cet enfant est dépositaire de plusieurs mémoires avec les loyautés, les croyances, les fausses-culpabilités, les auto-sabotages, les auto-sanctions…accumulés au fil du temps. Notre enfant intérieur est dans le désir de résoudre les problématiques qu’il n’a pas pu résoudre dans ces temps lointains. Il est en attente qu’une personne extérieure à lui lui fasse écho.

C’est pourquoi une professionnelle de la petite enfance peut éprouver plus de difficulté avec tel enfant et non pas avec tel autre. Elle peut se poser la question si elle a posé un geste non ajusté ou qu’elle a dit quelque chose qui aurait bloquer l’enfant dans sa résistance. La question est NON. Elle n’a rien fait qui puisse remettre son professionnalisme en question, il y a juste un lien-mémoire qui se joue entre elle et le bambin. Aucun des deux n’est conscient de ce qui se joue entre eux. Je me souviens d’une professionnelle qui ne pouvait ni approcher un enfant ni lui donner les soins sans en donner une explication rationnelle. Nous avons fait une séance pour lui permettre de se déculpabiliser et de réaliser que peut-être entre elle et le petit, il y avait une mémoire-fantôme qui se dévoilait. Je l’ai amené à accepter ses émotions et son sentiment de rejet sans se juger, ni juger l’enfant. A la fin de la séance, ses émotions étaient apaisées et ne ressentait plus d’animosité envers lui.

Le miroir de chaque enfant peut produire en nous un phénomène d’attraction ou de rejet. Comprenons alors que ce n’est pas lui l’enfant qui est responsable de nos ressentis, ce sont ses propres mémoires qui font écho aux nôtres. Nous devons en prendre conscience. Un enfant colérique ou « capricieux » peut nous révéler la personnalité de notre enfant intérieur et de ce fait nous rejetons cet enfant et donc nous rejetons notre enfant intérieur. C’est donc intéressant de nous mettre dans l’observation de nos ressentis lorsque rationnellement nous constatons qu’un enfant stimule en nous un phénomène inexpliqué de rejet ou d’attraction.

Avec bienveillance et douceur

Sabine-Hoa

Au cœur de l’émotion de l’enfant

Le monde émotionnel de l’enfant est un monde multicolore que l’enfant découvre au fur à mesure qu’il grandit. Au tout début, le bébé ressent les premiers besoins physiologiques de son corps. Il crie pour demander le sein. Il crie pour qu’on le change. Il ne sait que crier pour exprimer ses besoins primaires. Son expression corporelle se réduit à attirer l’attention de l’adulte pour la satisfaction immédiate de ceux-ci. Il gesticule, il babille, il cherche le regard…Son univers c’est la personne censée le satisfaire le plus rapidement possible. 

Si la personne en charge de ses soins ne lui correspond pas ou qu’elle ne crée pas un véritable lien avec lui, ses émotions vont aller en crescendo puis si cela perdure, peu à peu il va étouffer ses plaintes sonores pour finalement se résigner à son sort. Heureusement aujourd’hui toutes les structures de la petite enfance sont sensibles au monde émotionnel du jeune nourrisson et les professionnelles sont formées à répondre au besoin de lien que l’enfant exprime, surtout lorsqu’il est coupé du lien maternelle une partie de la journée s’il est en crèche.

A cet âge, son mode de réponse aux stimuli est soit l’attraction soit la répulsion. Soit c’est blanc soit c’est noir. Il n’y a pas de demi-mesure. Lorsqu’un enfant s’attache à une assistante maternelle ou à une professionnelle de la petite enfance, il peut être exclusif et vouloir éloigner les autres bébés pour obtenir d’elle un maximum d’attention. Il est fragilisé car il ne voit plus sa mère, alors l’intensité de ses émotions est élevée. On peut lui dire aussi que l’on peut lui consacrer du temps à un moment donné dans la journée rien que pour lui. Il est bon de le lui répéter avec douceur et fermeté. L’enfant a besoin de répétitions et de sentir qu’il n’est pas repoussé ni rejeté. Rassuré de savoir qu’on a compris son besoin de proximité, il va peu à peu accepter de partager sa nounou avec d’autres enfants.

En grandissant, il va apprivoiser ses émotions surtout si on les désigne, on les accueille avec bienveillance, sans réaction agressive. C’est grâce à un espace dédiés aux émotions qu’il va aller à la rencontre de ses émotions et de pouvoir les exprimer pleinement en sécurité en utilisant un ODE, « Objet à Décharge Emotionnelle » un objet le sur lequel il peut taper ou jeter, mordre, déchirer, crier dedans … (journaux, coussins, poupées, boîte à émotions…). Il va prendre conscience qu’il est en droit d’exprimer ses émotions en toute liberté dans un espace à lui et de les manifester comme bon lui semble. Au travers de ses cris, des coups, il lâche la tension qui s’est accumulée à l’intérieur de son corps.

Le monde émotionnel de l’enfant est riche et fluctuant. Il peut rire aux éclats et 5cinq secondes plus tard, se rouler par terre de colère. Nous pouvons être surpris de ce comportement et ne pas comprendre. L’enfant n’a pas encore la maturité affective atteinte pour réguler ses émotions. Lorsqu’il est frustré ou a peur, il réagit dans les extrêmes, il a grand besoin d’être rassuré le plus rapidement possible et surtout de se savoir encore en lien avec l’adulte mêmes’il pique une colère ou qu’il pleure d’une manière excessive. C’est à nous d’évaluer leur niveau de tolérance à la frustration ou à la peur. Comprendre et légitimer les émotions de l’enfant est bon pour lui mais aussi de lui poser des consignes, des limites, des cadres sont également nécessaire pour le barrer de sa toute-puissance. Plus le cadre posé est clair, plus l’enfant se sentira en sécurité avec cet adulte. Il saura alors exprimer ses besoins sans se mettre en colère ou en pleurs.

Avec bienveillance et douceur

Sabine-Hoa