A la recherche de ses origines

Il y avait  au fond de moi ce besoin impérieux de rechercher mes origines mais en même temps une peur de ce que je pouvais découvrir.

Je voulais connaître mon histoire. Malgré tout ce que l’on pouvait me dire pour m’en dissuader, c’était là au creux de mon être. C’était comme s’il me manquait une jambe. Je me suis soumise à cette circonstance plutôt que de l’accepter avec tout mon être.

Quand est arrivé enfin le moment de soulever le voile du mystère, j’ai eu un moment de recul, finalement, voulais-je vraiment mettre l’ombre à la lumière ? Après ce moment d’hésitation, je me suis donnée le droit d’accepter ce que le destin m’offrait ce jour-là. En cherchant dans les registres de l’orphelinat, mon prénom vietnamien devenait une réalité et non juste quelques lettres attachées les unes aux autres. Au bout du deuxième registre, registrej’allais abandonner mais une intuition m’a poussée à persévérer et à revoir ma date de naissance. Mon cœur a failli s’arrêter et j’ai vu mon prénom. Je n’étais plus un numéro, le 114ème enfant abandonné, j’étais Thi-Noï NGUYEN, enfant de parents réels. J’en avais la preuve. Je n’étais plus cette enfant venue on ne sait d’où. Ma première pierre à mon édifice fut posée.

 

Quand enfin après de nombreuses péripéties, j’ai reconstitué à peu près mon histoire-puzzle, j’ai pris conscience de ce vide intense en moi et cet appel aux origines. J’étais comme une feuille qu’on avait arrachée à un arbre, ballottée par le vent et qui recherchait où se re-poser.

La recherche de mes origines était inhérente à la construction de mon identité car je n’avais pas reçu suffisamment d’amour et de repères solides de sécurité dans ma famille d’accueil et mon identification à elle était très partielle.

Je sais que de nombreux orphelins ne retrouveront pas leurs parents d’origine et j’ai une pensée pour eux. Ils peuvent malgré tout se construire en acceptant leurs origines, la culture de leur pays, en se regardant dans la glace, ils peuvent imaginer le visage de leurs parents, en voyant leur passé comme une richesse pour leur présent d’aujourd’hui, de ce métissage culturel ils peuvent créer une merveilleuse mosaïque de leur histoire et ainsi poursuivre leur destin, apaisés et heureux de vivre avec la gratitude que la Vie va leur apporter tout ce dont ils auront besoin au moment voulu.

Avec bienveillance  et douceur

Sabine-Hoa

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Interview par Jocelyn, auteur du blog « s’adopter soi »

Je remercie Jocelyn, auteur du blog « s’adopter soi », lui-même adopté et aujourd’hui spécialisé dans la blessure d’adoption pour devenir soi. N’hésitez pas à le consulter car il est très intéressant : http://www.sadoptersoi.com/

Voici ce que nous avons abordé dans l’interview :

  • Comment guérir sa blessure d’abandon
  • Mon combat contre les maltraitances conjugales suite à mon passage sur M6

Vous pouvez également le télécharger en cliquant sur ce lien.

Comment j’ai réussi à vaincre la haine de soi ou le rejet de soi

Télécharger en PDF : comment-jai-gueri-la-haine-de-soi

 

J’avais laissé la haine s’installer confortablement sans aucune résistance. Je m’en voulais d’être nulle, d’avoir laissé les autres me faire souffrir. Je me rejetais, je me détestais.

La haine mettait l’accent sur mes erreurs du passé, sur mes faiblesses,  sur ma vulnérabilité, sur mon sentiment d’impuissance. Je luttait contre tout cela.

Peu à peu, j’ai rencontré des personnes qui m’ont valorisée, renforcée  l’estime envers moi-même, et surtout qui ont remis en question ma vision que j’avais sur moi.

Pour vaincre ce rejet de moi :

  • J’ai accepté de ne plus jouer un rôle de « gentille », de « courageuse », de quitter mon image de femme forte.
  • J’ai accepté de laisser mes émotions s’exprimer librement, même si je croyais que cela montrait une image de faiblesse, à accepter mes peurs, mes culpabilités, mes colères, à les dire sans honte, à les accueillir avec bienveillance.
  • J’ai renoncé de m’auto-punir, de m’auto-flageller, de me dévaloriser, de me critiquer, de m’auto-saboter. J’ai laisser partir ce besoin de « souffrir », de vivre en tant que « victime ».
  • J’ai accepté de modifier mes croyances, mes certitudes et à les remplacer par des phrases de soin. Par exemple : j’ai le droit de me tromper, je me donne la permission de réussir…
  • J’ai accepté que ce n’étaient pas mes actions qui me donnaient de la valeur, mais le fait que je sois « porteuse de vie » et que je sois unique dans cet univers, comme le flocon de neige, les feuilles, les empreintes digitales qui sont tous différents !
  • J’ai accepté à m’accepter telle que je suis. Je m’accepte sans me juger.  Je me suis réconciliée avec moi-même.
  • J’ai décidé que plus personne ne me volerait ma valeur. J’ai décidé de poser des limites aux autres pour me protéger.
  • J’ai pris conscience que cette haine de soi appartenait également aux personnes qui me l’avaient transmise. Une personne qui s’aime ne peut que communiquer de l’amour, une personne qui se rejette ne peut que transmettre son propre rejet sur l’autre.
  • J’ai renoncé à cette haine et je l’ai restitué à l’Univers et béni les personnes qui m’avaient transmis leur haine, elle ne m’appartenait plus.
  • J’ai fait la paix avec moi en me pardonnant d’avoir conservé aussi longtemps ce poison en moi, je me suis pardonnée et j’ai pardonné à toutes ces personnes abusives.

Ma spiritualité m’a profondément aidée à reconnaître que j’étais aimée inconditionnellement par la VIE.  C’était inexplicable, le vivre a été un point de départ sur le chemin de ma guérison.

Nous recevons en illimité le Pardon universel, c’est  à nous de l’accepter et ainsi laisser la PAIX s’installer dans notre conscience et dans notre cœur.

Ma haine de soi ou le rejet de soi

Je pensais que je n’avais aucune existence légitime. Je ne trouvais pas ma place dans ma famille d’adoption. J’avais pris la place de ma demi-sœur, décédée d’un cancer des os. Ma grand-mère m’a bien fait ressentir qu’elle ne m’acceptait pas. Elle avait souhaité l’adoption d’un petit garçon mais pas d’une petite fille.

Ma mère me frappait quand elle était hystérique, mon frère était également violent, ma grand-mère me détestait et m’affublait d’un surnom affreux, donc je me suis mise à me détester puis à me haïr.  Un jour, je me suis frappée avec une chaussure, je pensais que je méritais des coups, je voulais me faire mal, ressentir la douleur, l’extraire de mon ventre. Je commençais à croire que la violence était normale.

En grandissant, j’ai observé que les hommes commençaient à me regarder et j’ai cru que leurs intentions étaient pures, que c’était de l’amour. Quand j’ai subi des abus de leur part, je me suis encore plus détestée, je me sentais sale, honteuse !

Je me respectais de moins en moins, je me suis laissée abuser. Je m’en fichais  ! J’avais si peu de valeur à mes yeux, et encore moins mon corps !

La haine envers moi était bien installée. Je me détestais, je me rejetais.

Je ne savais pas que je faisais l’écho de toutes ces personnes qui ne s’aimaient pas elles-mêmes. Elles avaient projeté sur moi leur propre haine d’elles-mêmes. Ce n’était pas moi que je détestais, c’était toutes ces personnes qui m’avaient laissé leurs empreintes de mésestime d’elles-mêmes.

Ce rejet de soi ne m’appartenait pas, il appartenait à toutes ces personnes abusives, qui elles-mêmes l’avaient reçu d’autres personnes.

Estime de soi et limites

« Si on en parlait », chronique radio de 10 mn, comment apprendre à s’aimer ? Grâce à son « petit papa intérieur et sa petite maman intérieure », remettre de la douceur, de la bienveillance et de la bonté dans notre âme pour soigner nos blessures de l’estime de soi.