Dois-je faire croire au Père Noël à mes enfants ?

Bonjour à tous,

Voici une réflexion qui va certainement vous solliciter des émotions de toutes sortes. Selon ce que l’on a vécu quand on était enfant, le moment de Noël est empreint soit de nostalgie heureuse soit d’un sentiment de déception rejet ou/et de colère (sentiment de trahison quand on apprend la vérité) … Les parents transmettent ce qui s’est passé pour eux-mêmes ou au contraire ils sont en opposition par réaction. Et cela passe de génération en génération. Nous allons déterminer entre ce qui est bon pour l’enfant et ce qui est défavorable pour lui dans cet esprit de Noël.

Nous allons réfléchir sur ce mythe que l’on impose à nos jeunes enfants dans notre société. Dans certains pays, dans certaines cultures, Noël n’a pas la même signification ni les mêmes enjeux « commerciaux », bien que cela gagne du terrain de plus en plus dans les pays de confession bouddhiste.

Plusieurs paramètres sont à considérer :

  • Suis-je en phase avec mes propres convictions ou est-ce que je me laisse influencer ou imposer par la famille leurs façons de penser et d’agir ?
  • Quelles sont les conséquences chez certains enfants hypersensibles ?
  • Est-ce vraiment un rite d’initiation comme le prétendent certains psy ?
  • Peut-il être une forme de chantage pour obtenir l’obéissance de nos enfants ?
  • Est-ce un conditionnement de cette société de surconsommation ?

Je vais témoigner de ce que j’ai vécu quand j’étais enfant. Noël était un moment magique et j’adorais découvrir mes cadeaux sous le sapin le cœur battant. J’étais persuadée de la véracité de ces moments. Puis vînt le moment des doutes concernant la petite souris vers l’âge de cinq ans et je commençais à poser des questions pertinentes sur elle. Je trouvais qu’il y avait des incohérences, je me posais intérieurement la question du pourquoi et du comment : pourquoi elle collectionnait les dents, comment elle pouvait avoir des sous… J’en ai fait part à ma mère à haute voix. J’ai vu ma mère sourire et me dire que petite souris n’existait pas. Je fus surprise mais cela me confortait dans mon processus de compréhension. Par contre sans crier gare, elle enchaîna en me révélant également pour le Père Noël, et là patatras tout mon univers s’écroula d’un seul coup ! Je ne m’y étais pas préparée. Je ne sus exprimer mes émotions, je restais abasourdie, sans voix… Puis vint une profonde déception, même si je savais appartenir dorénavant au monde des « grands ». Je perdis une partie de mon âme d’enfant, je ne pouvais pas croire que « ça aussi » c’était faux. De plus, je devenais complice de ce « mensonge » pour mon petit frère. Je le jalousais d’être encore dans cet état de grâce et d’insouciance.

Certains enfants n’auront pas les mêmes réactions, cela dépend de leur niveau de maturité et de sensibilité. Je suis une hypersensible ou dit HPE (haut potentiel émotionnel), mes émotions sont décuplées lors d’un stress ou d’une situation surprenante. J’avais des difficultés à gérer mes émotions et ma réaction émotionnelle provenait certainement de mon histoire personnelle. J’avais été adoptée, ma mère était très dure dans son éducation. J’avais projeté sur le Père Noël beaucoup de sentiments affectifs, je n’avais plus en moi l’existence de ce personnage joyeux et débonnaire à qui me référer. Je n’avais pas de grand-père, ni de père alors il jouait ces deux rôles dans mon inconscient. Je pense avec le recul qu’elle aurait dû m’interroger sur ce que je pensais du Père Noël et attendre que je sois dans cette phase de remise en question pour me dévoiler la vérité.

Quand j’ai eu mes enfants, je leur ai dit que le Père Noël n’existait pas. Je ne voulais pas qu’elles se sentent trahies et déçues comme je l’avais été. Ai-je eu raison ou tort ? Il y a autant d’arguments pour et autant contre. Je pense qu’il est important d’être unie à ces convictions quelle que soit la pression sociale ou familiale. En ce qui me concerne, c’est aussi la fête des enfants je voulais conserver ce moment magique de leur enfance. Je leur ai dit qu’on allait imaginer « son existence », ainsi ce sont elles qui ont décidé de vivre cet événement selon leur créativité et j’y participais activement. J’ai pensé les respecter en étant dans cette démarche.

Certains parents n’ont eu de cesse d’utiliser cet événement pour créer chez leur enfant un sentiment de peur pour les amener à l’obéissance. « Si tu n’es pas sage, si tu n’as pas de bonnes notes, le Père Noël ne viendra pas ou le père fouettard viendra te punir ! ». C’est du chantage, c’est une programmation à la peur.  Les conséquences seront que l’enfant sera conditionné à faire plaisir, à ne pas décevoir, agira en fonction de l’Autre et jamais en fonction de ses besoins et/ou de ses désirs. Soyons prudents et attentifs à nos mots car ils peuvent provoquer plus tard des « maux » à l’âme de notre futur enfant intérieur. L’enfant intérieur est la somme des mémoires engrammées dans notre âme d’enfant. Cet enfant là ne nous quitte jamais. Bien au contraire, il fait partie de notre inconscient et c’est lui qui est au commande en situation de stress, c’est pourquoi nous avons parfois des comportements infantiles, impulsifs sans retenue. Notre cerveau agit en fonction des mémoires , des perceptions douloureuses ou gratifiantes que l’enfant que l’on a été, a gardé en lui.

Les peurs s’additionnent au fur et à mesure du temps et amènent son lot de souffrance. Une des conséquences majeures est le manque de confiance en soi et une estime basse de notre propre valeur. Nous aurons alors à sortir de cette programmation à l’amour conditionnel pour enfin expérimenter l’amour inconditionnel.

Nous pouvons constater également que Noël peut être un véritable culte à la surconsommation, au gaspillage et parfois à l’orgie alimentaire. Les enfants vont soit se comparer, parfois vivre une intense solitude lorsqu’ils n’ont reçu seulement un « maigre » cadeau ou rien car les parents appartenant à certaines dénominations religieuses refusent de rentrer dans cet esprit-là. Les magasins regorgent de produits de toutes sortes. Il est difficile de ne pas se laisser influencer par tant de profusion. Certains diront que nos enfants apprennent à maîtriser l’intolérance à la frustration. Oui certes, cependant l’esprit de Noël est à la base une fête chrétienne qui met en exergue la solidarité, la simplicité, la reconnaissance et la gratitude. Et la question qui fuse principalement après la fête  » tu as reçu quoi à Noël ? » Certains vont se vanter des cadeaux « dernier cri », coûteux et les mettent en rapport avec la valeur de soi. « J’ai des cadeaux de grandes valeurs donc j’ai beaucoup de valeur » : cette équation fausse leur estime de soi.

En conclusion, je pense que de « faire croire au Père Noël », nous faisons participer nos enfants à cet égrégore collectif ou inconscient collectif. Dans chaque chose, il y a sa part lumière et sa part sombre. De toute façon, de toute expérience, on a à apprendre. Pour une certaine catégorie de personnes ce sera un temps d’amour et de partage, pour d’autres une frénésie à la dépense et au gaspillage ou pour certains un grand moment de solitude et de détresse morale.

Cela peut être vécu comme un rite de passage, du monde de l’enfance au monde des grands. Cela amène à intégrer la frustration, à accepter que les parents peuvent « se jouer de nous » et à leur pardonner. Finalement ce qui est essentiel, c’est de vivre l’instant présent avec simplicité et authenticité.

L’esprit de Noël, il me semble, devrait être un moment de sincérité, de véritable partage autant avec la famille qu’avec des personnes vivant dans la solitude. Dans la soirée, mes enfants et moi allions distribuer des repas et des friandises aux personnes en grande précarité, elles avaient un grand plaisir à offrir autant qu’à recevoir. Ensuite, nous rentrions et allions ouvrir nos petits présents dans la joie et la bonne humeur.

Joyeux Noël à tous ! Je vous aime !

Avec bienveillance et douceur !

Sabine-Hoa

 

 

 

 

 

2 réflexions sur “Dois-je faire croire au Père Noël à mes enfants ?

  1. Bonjour Sabine,

    Effectivement, je rejoins tes points de vue sur le fond au sujet de père Noël.
    Le père Noël n’est pas en cause, mais le lien du mensonge entretenu par des mascarades.
    La magie de Noël devrait surtout se nourrir des moments de partage. Combien de fois ai-je constaté le champ de bataille auprès du sapin, les papiers, les plastiques…

    L’ambiance de Noël avec ses lumières, l’odeur des petits biscuits ont plus de valeur, que les dernières baskets à la mode, ou le portable et j’en passe.

    En attendant que ce système basé sur la surconsommation s’effondre, je vous souhaite à tous de recevoir un sourire, de la chaleur humaine, de sentir l’odeur du miel et de la cannelle, du sapin….

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